Dissimulations de revenus, fausses déclarations ou fraudes liées aux soins : en 2025, la Caisse d'Allocations Familiales et la Caisse Primaire d'Assurance Maladie du Cantal ont détecté plus de 1,4 million d’euros de préjudices financiers. Une hausse liée notamment à de nouveaux outils de contrôle et à une meilleure coordination entre les services.
Les contrôles menés par les organismes de protection sociale progressent dans le Cantal.
En 2025, la CPAM a identifié 96 dossiers frauduleux pour un montant total de 803 511 euros, soit une hausse de 44,3 % en un an.
La CAF a, de son côté, détecté 99 dossiers pour un préjudice de 602 255 euros, en augmentation de près de 20 % par rapport à 2024.
"Cette hausse s’explique surtout par des contrôles plus ciblés et des méthodes d’enquête plus efficaces, plutôt que par une explosion des fraudes", Raphaël Vasseur, directeur comptable et financier de la Caf et de la CPAM Cantal.
Cette progression se poursuit en 2026 : au 31 mai, plus de 640 000 euros de préjudices avaient déjà été détectés par les deux organismes.
Les fraudes détectées ne concernent pas les mêmes situations selon les organismes.
À la CAF, la majorité des dossiers porte sur des déclarations incomplètes, notamment concernant les revenus ou la situation familiale.
À la CPAM, les montants les plus importants concernent principalement les professionnels de santé libéraux et les centres de soins, qui représentent 67,6 % des préjudices détectés.
Pour améliorer la détection, les organismes s’appuient de plus en plus sur des outils numériques : ordonnances sécurisées, signalements en pharmacie ou dématérialisation des arrêts de travail permettent de repérer plus rapidement les anomalies.
La lutte contre la fraude repose également sur un travail commun entre plusieurs acteurs. Le Comité opérationnel départemental anti-fraude, le CODAF, réunit notamment la Caf, la CPAM, les services fiscaux, l’Urssaf, la justice et les forces de l’ordre.
Cette coordination permet de traiter des dossiers plus complexes, comme certaines fraudes liées aux professionnels de santé ou aux entreprises.
Pour les organismes, l’objectif reste de mieux protéger les fonds publics destinés aux prestations sociales, "et la finalité de la lutte contre la fraude, c'est le juste droit, c'est à dire que chacun perçoive la juste prestation", Raphaël Vasseur.
Illustration : image générée par intelligence artificielle.
Sophie Fritsch