Hôpital d’Aurillac : la nouvelle directrice, Clothilde Bancel, présente sa feuille de route

Arrivée en juillet à la direction du Centre hospitalier Henri-Mondor d’Aurillac, Clothilde Bancel veut désormais inscrire l’établissement dans une nouvelle étape. Après plusieurs années marquées par des difficultés de gouvernance et des tensions sociales, la nouvelle directrice entend consolider l’offre de soins, renforcer l’attractivité médicale et poursuivre la modernisation de l’hôpital.

Une nouvelle direction dans un établissement qui doit encore se consolider

Clothilde Bancel a pris ses fonctions en juillet 2026 à la tête du Centre hospitalier Henri-Mondor d’Aurillac et de la direction commune avec les établissements de Mauriac et de Chaudes-Aigues. L’hôpital d’Aurillac est l’établissement de référence du Cantal et le support du Groupement hospitalier de territoire. Il compte environ 1 800 salariés, 150 médecins, 27 services de soins et plus de 100 spécialités.

Diplômée de l’École des hautes études en santé publique en 2013, Clothilde Bancel a exercé pendant quinze ans dans la fonction publique hospitalière, notamment aux centres hospitaliers de Dole et du Forez, au CHU de Saint-Étienne puis au CHU de Strasbourg, où elle dirigeait le site de Hautepierre.

Son arrivée intervient dans un établissement qui a connu ces dernières années une crise de gouvernance et des tensions sociales importantes. Sur ce volet, la nouvelle directrice estime que le dialogue avec les organisations syndicales est aujourd’hui renoué. Un travail est notamment engagé sur les conditions et l'organisation du temps de travail, et les risques professionnels.

"La situation est aujourd'hui apaisée avec une volonté, à la fois de la direction et des organisations syndicales, de dialoguer. Nous sommes revenus à la normale par rapport à la crise de gouvernance que l'établissement a pu connaître", Clothilde Bancel. 

Développer les compétences et attirer de nouveaux professionnels

Clothilde Bancel veut d’abord conforter l’offre de soins, notamment en renforçant les coopérations avec le CHU de Clermont-Ferrand dans plusieurs spécialités, dont la pédiatrie, la cancérologie, la gynécologie-obstétrique, l’ophtalmologie ou encore les AVC.

"Notre enjeu, c'est de conforter nos filières, d'attirer des médecins et des soignants, et de prouver qu'on est tout aussi bien soigné à Aurillac qu'ailleurs".

L’attractivité passe aussi par la formation et la montée en compétences des professionnels. L’établissement veut notamment développer les formations en pratiques avancées et les formations spécialisées pour les personnels paramédicaux.

Près de 30 internes sont attendus à l’automne. Pour la première fois, l’hôpital accueillera également des externes en médecine. L’objectif est de leur faire découvrir l’établissement et le territoire, avec l’espoir de favoriser ensuite leur installation dans le Cantal.

Ces recrutements doivent aussi permettre de renforcer les équipes et de développer l’activité de l’hôpital, notamment les hôpitaux de jour (algologie, allergologie et pneumologie sont déjà concernés), qui constituent un axe majeur de développement pour l’établissement.

Pour répondre au manque de spécialistes, le centre hospitalier souhaite enfin développer la téléexpertise, les consultations avancées et les coopérations avec les professionnels de santé libéraux.

Des équipements et des bâtiments à moderniser

Plusieurs projets doivent également faire évoluer les équipements et les bâtiments. Un nouveau scanner est attendu au printemps 2027. Dans le secteur dentaire, un troisième fauteuil et un appareil panoramique doivent compléter l’offre actuelle, avec la perspective d’un service de chirurgie dentaire à l’horizon 2027.

Le centre hospitalier poursuit également la modernisation de ses outils informatiques, de la stérilisation et du laboratoire.

Du côté de l’offre de soins, dix nouveaux lits en pneumologie doivent ouvrir dès novembre 2026. D’autres projets concernent notamment le développement de la chirurgie ambulatoire.

Le Centre hospitalier Henri-Mondor d’Aurillac affiche aujourd’hui un déficit de 6 millions d’euros. Pour redresser la situation économique et retrouver son autonomie financière, Clothilde Bancel doit donc relever un double enjeu : recruter et former suffisamment de professionnels pour pouvoir augmenter les prises en charge et accueillir davantage de patients. Le retour à l’équilibre doit ensuite permettre à l’établissement de retrouver des marges de manœuvre pour poursuivre son développement et continuer à investir dans ses équipements et son offre de soins.

© Jordanne Fm

Sophie Fritsch