04 juin 2026
À l’approche de la prochaine séance du conseil municipal d'Aurillac, le 9 juin, les six élus d'opposition tirent la sonnette d’alarme. Plusieurs évènements du début de la nouvelle mandature et un projet de modification du règlement intérieur des conseils municipaux inquiètent le groupe "Aurillac, solidaire et durable", qui s'interroge sur une dérive de restriction du débat démocratique local.
Une accumulation de "signaux" selon l'opposition
Pour Frédéric Serager, porte-parole du groupe, le débat d'idées constructif est aujourd'hui fragilisé. L'élu évoque une série de "signaux" qui, mis bout à bout, témoignent d'un climat de crispation au sein de la municipalité. Selon le groupe Aurillac, solidaire et durable :
Sur la question des subventions régionales : Lors de la venue d'un président de région fin avril, il aurait été publiquement sous-entendu que "la municipalité devait s'aligner politiquement pour espérer obtenir certaines ressources financières".
Le manque de modération sur les réseaux sociaux : Le groupe dénonce la présence prolongée de commentaires ouvertement racistes laissés sans modération sur la page Facebook officielle de la ville d'Aurillac, après les actes de vandalisme survenus mi-mai, à l'école des frères Delmas.
Un événement controversé en automne : l'opposition s'inquiète de l'accueil prévu en octobre du "Canon Français" qu'elle qualifie de "cheval de Troie" d'une idéologie politique qu'elle condamne fermement.
Sur ce point, Frédéric Sérager rappelle que la location de la salle a été décidée avant l’arrivée de l’actuelle majorité municipale (ndlr : il étit alors vice-président d'Aurillac Développement). Toutefois, il estime que de récents éléments justifient une nouvelle évaluation de la situation. Il ne réclame pas l’annulation de l’événement, mais la mise en place de dispositifs de prévention, de médiation et de lutte contre les comportements discriminatoires.
De son côté, Valérie Rueda considère que cette manifestation constitue "une opération de promotion au profit de l’extrême droite nationaliste".
Sébastien Prat affirme quant à lui, qu’un équipement public comme le Prisme ne doit pas servir à relayer des idées qu’il juge contraires aux valeurs républicaines. Le parti communiste du Cantal a d'ailleurs lancé une pétition contre la tenue de cet évènement.
Un nouveau règlement intérieur qui passe mal
Les élus d'opposition contestent vivement le projet de nouveau règlement intérieur qui doit être présenté lors de la séance du 9 juin prochain. Ce texte prévoit notamment de limiter le temps des interventions (trois minutes) par sujet, et de n'autoriser qu'une seule prise de parole par groupe politique.
Une mesure jugée inacceptable par l'opposition qui y voit une tentative de réduction au silence, une entrave grave à l'expression démocratique.
"Après discussion, le maire n'a pas retenu la limitation du temps de parole. Mais l'ensemble reste flou, donc inquiétant. Chaque élu, à titre individuel, à droit à la parole, ce n'est pas une faveur du maire, c'est inscrit dans la loi", Frédéric Sérager.
Le débat d'idées plutôt que la bataille juridique
Les élus d'opposition réclament donc le droit de participer pleinement à la vie démocratique de la commune. Ils citent en exemple le Conseil Départemental du Cantal, où les débats restent libres et ouverts à tous sans limitation stricte.
Si la possibilité d'un recours devant le Tribunal Administratif est évoquée en cas de blocage persistant, l'opposition affirme privilégier pour l'instant la confrontation d'idées lors de la séance du 9 juin.
"Nous devons avoir la possibilité d'être une opposition constructive, par le débat, l'échange et la contradiction. Il faut faire en sorte d'avoir une vie démocratique qui profite aux 26 000 habitants de notre ville. Le maire à la responsabilité de tous les citoyens !", Frédéric Sérager.
Le groupe d'opposition à la mairie d'Aurillac est composé de Frédéric Sérager, Valérie Rueda, Sébastien Prat, Mélissa Clément, Stéphane Fréchou et Magali Maurel.
© Ville d'Aurillac – capture d'écran de la retransmission du conseil municipal du 16 avril 20026.
* Cet article sera actualisé dès réception des éléments du maire Patrick Casagrande, contacté par Jordanne FM.
Sophie Fritsch
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