27 août 2026
Réunis pour dresser le bilan de la 39ème édition du Festival International de Théâtre de Rue d'Aurillac, le directeur de l'association Éclat, le maire de la ville et président de l'agglomération, et le préfet du Cantal ont salué d'une seule voix une édition particulièrement réussie. Entre forte affluence, célébration des arts de la rue et gestion maîtrisée de l'ordre public, l'événement a renoué avec son esprit festif et populaire.
Frédéric Rémy (Éclat) : une programmation vibrante et un dialogue préservé
Pour Frédéric Rémy, directeur d'Éclat, le sentiment dominant au terme de ces quatre jours de festivités reste une profonde reconnaissance envers les artistes, les équipes et le public.
Cette 39ème édition, marquée par une programmation officielle tournée vers la Méditerranée (10 compagnies sur les 19), a également rassemblé 626 compagnies de passage et proposé près de 3 000 représentations.
Côté fréquentation payante, 8 019 billets ont trouvé preneurs (taux de remplissage de 89%, avec 2 500 places vendues de plus qu'en 2025).
Revenant sur les tensions observées le samedi après-midi lors d'un rassemblement non déclaré, le directeur d'Éclat a condamné les dégradations tout en valorisant le travail de désescalade mené sur le terrain.
"Nous ne voulons pas que quelques événements, aussi regrettables soient-ils, résument à eux seuls ce qu'est le festival d'Aurillac. […] Notre responsabilité, en tant qu'acteurs culturels, est aussi de pouvoir entendre ce que traverse une partie de la jeunesse de notre pays, même lorsque cette parole est dure. C'est précisément pour cela que le travail de médiation est important".
Frédéric Rémy de conclure : "cette 39ème édition a été intense, joyeuse, parfois imprévisible, mais surtout, l'une des plus belles éditions des ces dernières années. Merci à celles et ceux qui en ont fait partie... Et maintenant, place à la 40 ème !".
Philippe Loos (Préfecture) : une co-production de sécurité efficace et mesurée
Le préfet du Cantal, Philippe Loos, a détaillé le volet régalien et les moyens déployés pour sécuriser l'agglomération qui accueille plus de 200 000 personnes, pour un évènement hors-norme.
Fruit de six mois de préparation conjointe, le dispositif a mobilisé 230 policiers nationaux, 3 compagnies de CRS (dont une engagée dès le samedi en amont), 221 gendarmes sur les axes périphériques et 150 sapeurs-pompiers (28 interventions recensées, contre 44 en 2025).
Le bilan judiciaire de la police fait état de 19 plaintes, 23 amendes forfaitaires pour stupéfiants, 22 interpellations et 16 gardes à vue.
Le représentant de l'État a rappelé l'équilibre indispensable entre fermeté républicaine et communication raisonnée : "Pour moi, la sécurité, c'est la première des libertés. Le secret d'un service d'ordre réussi, ce n'est pas simplement d'avoir des CRS en nombre, c'est aussi faire en sorte que le dialogue s'installe et que la communication soit préservée".
Les acteurs réunis au bilan ont également alerté sur la circulation de fausses informations et de vidéos hors contexte, sur les réseaux sociaux. Plusieurs rumeurs ont émergé, allant jusqu'à faire état, à tort, d'un décès lors de contrôles policiers. Le préfet, le maire et le directeur d'Éclat ont appelé à prendre du recul face à ces contenus, rappelant que "l’image sensationnaliste d'une poubelle en feu ne saurait résumer la réalité globale d’un festival largement pacifique, et qui a d'ailleurs continué tout à fait normalement".
Patrick Casagrande (Mairie / Agglo) : la logistique urbaine au service du Festival
Patrick Casagrande, maire d’Aurillac et président d'Aurillac Agglomération, a estimé que la manifestation "avait retrouvé de l'éclat".
Les indicateurs municipaux témoignent d'une belle dynamique : plus de 80 000 passagers sur les navettes Stabus, une hausse de 8 % des visiteurs non-résidents (180 000 entrées cumulées mesurées par Flux Vision), et une fréquentation en nette hausse des campings communautaire. L'élu a particulièrement insisté sur le rôle pivot du dispositif de médiation hybride fort d'une centaine d'intervenants. Le numéro vert "Aurillac Écoute" a d'ailleurs enregistré 241 appels cette année, contre 450 en 2025.
Tout en saluant le professionnalisme des agents de la Ville et de l’Agglomération, et leur coopération avec Éclat, Patrick Casagrande entend désormais inscrire ces résultats dans la durée. Plusieurs axes de travail sont déjà identifiés : poursuivre la lutte contre les tags, dont 700 ont été effacés pendant le festival; mieux réguler les musiques amplifiées sauvages et tardives qui perturbent les habitants; mais aussi développer les solutions d'accueil pour limiter le camping sauvage.
Enfin, cible récurrente de critiques depuis son élection, la nouvelle municipalité a vu son action sécuritaire et culturelle contestée par des discours hostiles, voire haineux. Une posture déplorée par Patrick Casagrande, qui oppose aux polémiques, la collaboration étroite nouée avec l'association Éclat, pour concerver l'âme populaire du festival.
"Pour préserver ce bouillonnement créatif sans dénaturer notre festival, nous devons être guidés par le triptyque républicain : la liberté de créer et de s'exprimer, l'égalité dans la façon d'aborder l'événement entre habitants, artistes et festivaliers, et la fraternité par le respect mutuel. Cela doit conduire à l'effervescence artistique et à la sérénité des habitants, de cohabiter pendant ces 4 jours".
©Jordanne Fm - Patrick Casagrande et Frédéric Rémy, lors de la conférence de presse consacrée au bilan du Festival 2026.
Sophie Fritsch
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